A défaut
d'enrichir la
pratique démocratique,
l'UE renverrait
les groupements
de citoyens
à prestation
morcelée,
repliée
sur un espace
national contracté,
voire sur l'appartenance
ethno-linguistique.
L'élaboration
de la Charte
des droits fondamentaux
est de ce point
de vue un enjeu
majeur : il
s'agit non de
répéter
des droits "
classiques "
qui existent
par ailleurs
mais de dessiner
le profil politique
de l'Union et
d'affirmer un
projet. Laboratoire
d'une citoyenneté
plus que nationale,
l'UE a atteint
le stade où
elle doit réaliser
la libre circulation
des personnes,
encore si théoriques
: cela implique
de lever un
certain nombre
d'ambiguïtés
durables : sur
le droit du
sol, le droit
à résidence,
le droit des
étrangers,
le multiculturalisme.
Tout aussi stratégiques,
l'UE doit articuler
ses relations
avec les différents
niveaux d'administration
et redéfinir
les modes de
gestion des
affaires publiques
au niveau européen.
Or l'architecture
institutionnelle
réelle
est illisible.
Le citoyen ordinaire
accusera volontiers
les diktats
de la Commission
; il ignore
que les politiques
européennes
sont exécutées
à plus
de 80% par les
administrations
nationales depuis
la fin des années
80 (politique
agricole commune,
fonds structurels,
aujourd'hui
politique de
formation et
d'éducation,
bientôt
espace commun
de recherche).
La réponse
est sans doute
dans la responsabilisation
de tous les
niveaux d'administration
européenne,
le partenariat
(pour dépasser
l'opportunisme,
la chasse aux
fonds communautaires
qui fait très
bon ménage
avec le rejet
de Bruxelles)
et par un débat
très
transparent
sur la globalité
de la réforme
qui s'impose
(toutes institutions
comprises ;
y compris les
Etats membres).