M. Fernand Herman
pour une Europe sélective
mais forte
M. Fernand Herman , ancien
député européen
et fédéraliste
convaincu, a dressé
le constat d'un flou total
sur les frontières
de l'Europe. La conception
mercantile de l'Europe
voit des partenaires partout.
L'autre conception, celle
d'une "Europe-puissance",
implique des valeurs communes
et une définition
préalable de ces
valeurs. C'est cette Europe,
moins large mais plus
forte, que privilégie
M. Herman.
Pour
lui, les guerres passées
sur ce continent suffisent
à légitimer
la construction européenne
et l'établissement
d'une Europe fédérale
forte. Mais la nécessité
d'une défense commune
ne tient pas seulement
à la volonté
de limiter le risque de
conflit pour l'UE même.
Les conflits à
ses marges, avec les répercussions
qu'ils peuvent avoir,
suffisent à justifier
l'édification d'une
Europe de la sécurité.
Afin de réaliser
ce projet, plusieurs axes
doivent être suivis.
Le renforcement d'une
politique de prévention
en est le premier. L'Europe
doit fournir assistance
aux pays où des
risques de conflit apparaissent.
Le problème est
que désormais,
tous les pays veulent
être non plus "pays
associés"
mais pays membres à
part entière. L'Europe
par conséquent
doit mieux définir
le statut de partenaire.
Dans
le même ordre d'idées,
l'Europe doit veiller
à proposer une
aide efficace à
ses voisins. La Commission
s'est par le passé
égarée,
selon M. Herman, dans
une assistance peu cohérente
à la Turquie ou
à la Russie notamment.
Ces défauts doivent
être évités
à l'avenir.
Enfin, la force d'intervention,
en dernier ressort, doit
pouvoir se mettre en oeuvre
efficacement. Dans ce
domaine, les forces de
police apparaissent plus
importantes que les forces
armées elles-mêmes:
elles s'avèrent
déterminantes,
comme le montre le cas
kosovar, pour pérenniser
la paix rétablie
préalablement.