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Isabelle
Deschard
2004-12-03
Organisation : Alliance avec
les Chrétiens en Politique
(ACEP)
Fonction : Présidente
- Fondatrice
Pays : France
Les
événements qui
agitent l'Ukraine en ce moment
requièrent toute notre
attention.
Ils n'ont pas seulement le
mérite d'obliger nos
regards à se porter
enfin sur ce peuple , coincé
entre la Russie et l'Europe
, trop pauvre et, est-ce un
hasard, bien souvent ignoré
des européens, abandonné
à l'influence russe,
dont il espère se libérer
.
Le peuple ukrainien sait qu'en
faisant front aux derniers
soubresauts d'une idéologie
totalitaire, il est en train
de jouer son avenir proche.
Le soutien que lui apportent
la communauté internationale
et particulièrement
l'Europe est à même
de l' aider à tenir
bon dans la conquête
de sa liberté.
Les ukrainiens ont compris
que le processus de construction
européenne sert les
intérêts de la
paix , de la prospérité
et de la liberté .
Ils l'ont tellement compris
qu'ils aimeraient en faire
partie . Bien mieux en tout
cas, semble-t'il , que nombre
d'européens qui plus
ou moins consciemment risquent
, à l'heure des prochains
référendums,
de retarder ce processus de
progrès.
Il y a les habituels «
souverainistes », nostalgiques
bien souvent d'un passé
qui ne reviendra pas. On les
voit s'agiter aujourd'hui,
instrumentalisant
le spectre de la Turquie,
espérant par cette
stratégie , entraîner
le maximum d'européens
, à dire « non
» à la Constitution
de l'Union européenne.
Il y a ceux qui , sous prétexte
que le traité n'apporterait
pas suffisamment d'avancée
sociale , se rangent aussi
de leur côté.
Et plus il y a tous ceux ,
bien plus nombreux , qui sont
encore indécis.
Indécis faute d'avoir
lu ce traité .Indécis
parce que bien qu'en ayant
pris connaissance et y notant
des avancées évidentes
( voir le
texte de JB de Foucauld),
cette Europe leur paraît
encore bien confuse et lointaine.
Au cours de nos diverses rencontres
d'élus et de citoyens
, nous constatons que le
problème-clé
est bien celui de la sensibilisation
à l'Europe et de la
démocratisation.
Jusqu'à présent
les programmes européens
ont été essentiellement
financiers et ont pu laisser
croire aux citoyens d'Europe
qu'ils étaient définis
et décidés par
les seuls fonctionnaires de
Bruxelles.
Or ce ne sont pas eux qui
ont permis aux jeunes de se
sentir citoyens de l'UE mais
bien le programme Erasmus,
qui en est un des moteurs
principaux. L'Europe se fera
surtout , n'en doutons pas,
à partir des Universités
, des entreprises, des associations,
…
Nous mesurons combien il est
important que le citoyen comprenne
les enjeux de cette construction
européenne.
Or , en ce moment les relais
d'opinion concernant l'Europe
sont présents partout
et sont principalement négatifs.
Il est nécessaire
et urgent de faire des citoyens
européens des acteurs.
D'où la nécessité
d'une démarche critique.
Pour le référendum
à venir sur la Constitution-
qu'il ne faudrait surtout
pas amalgamer au projet de
l'entrée de la Turquie
dans l'UE*- il serait risqué
de résumer le débat
au choix binaire « OUI
POUR L'UE » ou «
NON pour l'UE ».Même
si la démocratie est
plus affirmée dans
le projet de Constitution
européenne , elle a
du chemin à parcourir
pour être reconnue comme
telle par les peuples européens
. L'Europe encourt le risque
d'une majorité de votes
« Non » lors des
référendums.
C'est sans doute pour cela
que la campagne initiée
par Newropeans Networks «
OUI à L'EUROPE,
MAIS avec
la démocratie en plus
» nous paraît
si intelligente . En engageant
les leaders à se positionner
activement dans cette voie,
elle contribuera à
motiver un électorat
fatigué. Elle emporte
déjà, d'ailleurs
, avant même d'avoir
commencé , un écho
très positif . Je vous
invite, si ce n'est déjà
fait, à en prendre
connaissance , à donner
votre opinion, à la
tester autour de vous.
Les
initiatives dynamiques et
constructives , quand il s'agit
de l'Europe, sont assez rares.
Lorsqu'on en tient une, il
vaut mieux ne pas la laisser
s'échapper.