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Jean-Pierre Masseret dessine les trois axes de la présidence française

Alors que travaille actuellement la Conférence intergouvernementale (CIG) qui donnera ses conclusions à Nice en décembre 2000, M. Masseret, secrétaire d'Etat aux Anciens Combattants, a présenté les trois axes sur lesquels la France décide d'axer son action : l'amélioraton des institutions décisionnaires européennes, la concrétisation d'une force armée et le développement d'outils civils prêts à collaborer avec cette force.

En ce qui concerne les moyens de décision, M. Masseret a énuméré les institutions mises en place depuis le sommet d'Helsinki. Le Copsi (comité politique intérimaire) est chargé de préparer les décisions liées à la politique de sécurité, mais ne peut gérer une crise militaire pour le moment. L'organe est donc provisoire dans la mesure où son remplacement progressif par le Comité Politique permanent est en cours. L'OMI, composé des chefs d'état-major des Quinze, est le comité militaire chargé de l'alerte rapide en cas de situation à risque. Il comprend un noyau d'experts s'occupant de l'analyse et de la planification pour la mise en oeuvre des accords de Pétersberg. Pour compléter ce système, M. Masseret a souhaité voir la création d'un collège d'enseignement de défense, qui permettrait l'approfondissement d'une "culture de défense" propre à l'UE.

Le second objectif de la France doit être de concrétiser la formation d'un corps d'armée, prévu pour 2003. La conférence d'Helsinki a établi à 60 000 le nombre d'hommes engagés dans cette force d'action rapide, qui bénéficie en outre de moyens d'intervention aériens et navals. Les besoins de cette force sont cependant évalués à 80 000 hommes selon les objectifs de Pétersberg, sans compter la nécessité d'une relève d'un même volume. Cette question des effectifs sera l'objet de la conférence de Bruxelles du 20 novembre.

Troisième objectif de la présidence française: développer les outils civils d'une intervention extérieure. La nécessité d'une synergie entre le civil et le militaire s'est fait sentir durant le conflit du Kosovo. Les décisions du sommet de Fera sur le déploiement de policiers sont un premier exemple du développement efficace d'un pôle civil.

M. Masseret a rappelé que la réflexion se déroulait dans un contexte nouveau pour l'Europe. En effet, aujourd'hui, l'enjeu central est d'intervenir dans le cadre des opérations organisées par les Nations Unies. La chute du Mur de Berlin a libéré une volonté politique. Désormais l'objectif n'est plus de "contrer une menace globale". L'Europe doit pouvoir intervenir, avec ou sans l'Otan, pour "protéger ses valeurs ou ses intérêts". La crise du Kosovo a été décisive dans cette prise de conscience européenne. Dans ces conditions, les "métissages de souveraineté", évoqués par Churchill, deviennent plus que jamais nécessaires.

Christophe Maire
Jeudi 5 Octobre 2000


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