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M. Steve Ekovich et les hésitations américaines
sur l'Europe de la défense

M. Steve Ekovich, professeur associé de l'American University de Paris a présenté la vision américaine de la sécurité en Europe, en soulignant les différences de point de vue avec l'UE. L'un des thèmes récurrents outre-Atlantique est de présenter la sécurité européenne comme inséparable des États-Unis et indissociable de considérations militaires depuis le Plan Marshall. La dimension psychologique de cette question sécuritaire apparaît donc plus importante qu'on ne l'imagine.

Toutes les écoles de pensée américaine sont en faveur du développement d'une défense européenne, selon M. Ekovich. Mais les formes qu'on souhaite voir prendre à cette défense varie. Si une école de pensée stratégique américaine considère toujours l'Europe comme fondamentalement amicale, d'autres se demandent si les États-Unis ne paient pas trop cher le prix de la sécurité de l'Europe. Cette hésitation américaine n'a jamais suffi à causer le retrait du continent européen. Quant à l'école conservatrice, représentée dans le champ politique par George W.Bush, elle s'avère particulièrement méfiante vis-à-vis de l'attitude française en matière de défense.

De manière générale, les États-Unis ont consacré une part de moins en moins importante de leur budget à la défense. Afin de parvenir à limiter l'emploi de leurs forces en Europe, ils se sont interrogés sur les modalités de collaboration avec la politique européenne de sécurité et de défense. Une coopération efficace et cohérente pourrait contribuer à diminuer le ressentiment américain, notamment celui des militaires américains à l'encontre de l'Europe ou de la France.

Cependant l'Europe produit pour l'heure plus de discours que de capacités militaires réelles. Les États-Unis sont prêts, selon M. Ekovich, à encourager les projets de défense européenne si celle-ci prend des aspects plus concrets.

Il conviendra d'envisager en parallèle la coopération avec les pays non-membres de l'UE ou de l'Otan. Enfin, concernant l'Otan précisément, les États-Unis maintiennent volontairement une ambiguïtés sur le besoin qu'a l'Alliance Atlantique d'agir sous mandat de l'ONU.

Christophe Maire
Vendredi 6 Octobre 2000


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