Mlle Helene Sjursen:
en quête d'une légitimité
pour l'Europe de la sécurité
Trouver quelle légitimité
peut présider aux
politiques européennes
de sécurité:
telle est la tâche
à laquelle s'est
attelée Mlle Helene
Sjursen, chercheur à
l'Université d'Oslo
de Norvège.
On
peut distinguer selon
elle deux dimensions dans
la sécurité
européenne: l'une
liée aux institutions,
l'autre au contenu. Sur
ce second point, on remarque
aujourd'hui qu'émerge
visiblement un concept
large de sécurité,
étendu aux questions
d'environnement par exemple.
Mais la notion même
de sécurité
reste à préciser
afin de savoir quelle
type d'organisation l'UE
veut être.
Les
conditions d'action qui
se posent aux états-nations
sont aujourd'hui modifiées.
D'autres impératifs
que la stricte sécurité
militaire apparaissent.
Les normes et règles
internationales influent
de plus en plus sur la
politique menée
par les états et
les organisations internationales.
La sécurité
devient une question de
moins en moins liée
au territoire.
Les états doivent
donc définir ce
que le terme de sécurité
contient désormais
pour eux. L'enjeu est
la légitimation
de leur politique de sécurité
et de celle de l'UE.
On
peut trois modes de légitimation
de la politique européenne
de sécurité:
par le pragmatisme, l'éthique
et la morale. Ces stratégies
ne s'excluent pas et peuvent
être combinées.
L'approche
pragmatique s'attache
avant tout aux effets
produits par la politique
menée. La faiblesse
de cette approche réaliste
est que sa légitimité
est conditionnée
par le succès,
et tout échec conduit
au retrait du soutien
à une telle approche.
La
vision éthique
de la légitimation
est à relier à
celles de l'identité
et des valeurs. Pour le
cas de l'UE, il s'agit
de définir ce qu'est
un européen et
ce qu'il refuse d'être.
La difficulté de
fixer des références
culturelles pour l'Union
est que les valeurs respectées
par l'Europe, telles que
les droits de l'Homme,
sont partagées
par des pays extra-européens.
Il s'agit donc de se demander
s'il existe une approche
spécifiquement
européenne.
La
troisième approche,
au contraire, est stimulée
par des impératifs
moraux strictement universels.
L'Europe se situe alors
comme un pôle de
défense de valeurs
communes à l'ensemble
de la planète.