M. Peter Hartmann
et les responsabilités
internationales de l'Europe
La chute du Mur de Berlin
n'a pas signifié
la "fin de l'Histoire"
annoncée par Francis
Fukuyama. C'est ainsi
que M. Peter Hartmann,
ambassadeur d'Allemagne
en France, a justifié
la nécessité
d'une sécurité
européenne. Nécessité
rendue chaque jour plus
évidente par le
trafic de drogue, le fondamentalisme
islamiste et la sécurité
intérieure. Nécessité
que l'intervention en
Yougoslavie a également
prouvée. M. Hartmann
a souligné le nouveau
rôle joué
par son pays dans cette
action. En vue d'étendre
cette sécurité
à l'est et au sud
de l'Europe, mais aussi
à l'échelle
internationale, des efforts
sont à mener dans
trois domaines.
Il
convient d'abord d'améliorer
la gestion des crises,
aussi bien en ce qui concerne
les mécanismes
décisionnels que
l'outil militaire lui-même.
Un pas décisif
a été effectué
avec la
création d'un "M.
Pesc". Mais la réforme
des forces armées
doit se poursuivre, notamment
pour la Bundeswehr qui
représente 30%
des forces armées
européennes. L'UE
devra en outre instaurer
les moyens de prévention
des crises . La création
d'une commission civile
et de forces de police
est en ce sens une avancée
appréciable.
La
deuxième tâche
est d'ancrer la sécurité
dans toute l'Europe, et
de transférer la
stabilité à
l'est de l'Europe. Il
est d'autant plus nécessaire
de faire coexister Europe
de l'ouest et de l'est
que le risque d'un grand
écart entre ces
deux zones est réel.
Le prix de l'élargissement,
aussi élevé
soit-il, devra donc être
assumé afin de
limiter ce risque au maximum.
Le
troisième enjeu
sera d'entretenir de bonnes
relations de voisinage
avec les pays limitrophes.
En ce sens, les frontières
de l'Europe vers le sud
restent à définir.
Pour
y parvenir, M. Hartmann
demande l'établissement
d'une charte pour la paix
en Europe, destinée
à mettre en place
les mécanismes
de coopération
avec le sud en matière
de sécurité.
A l'est de l'Europe, une
telle coopération
avec la Russie se dessine
déjà depuis
Amsterdam.
De
manière générale,
l'Europe ne songe pas
à "se
comporter comme une nouvelle
superpuissance".
Mais elle ne doit pas
se contenter d'un rôle
économique. Pour
dépasser ce cadre,
l'Europe doit renforcer
les Nations-Unies, seule
organisation jugée
capable de garantir la
paix. Lutter contre la
prolifération d'armes
et limiter les ressources
alimentant les conflits
constitueront deux priorités
essentielles pour contribuer
à cette nouvelle
donne sécuritaire
internationale.