Le plaidoyer d'Eugen
Djimarescu pour une coexistence
interethnique au sein
de l'Europe
Libérés
du carcan soviétique
depuis 1989 seulement,
les Roumains restent "une
catégorie à
part d'Européens",
estime M. Djimarescu,
secrétaire d'Etat
roumain aux affaires européennes.
La décennie écoulée
n'a pas suffi à
faire de la Roumanie un
pays comme un autre en
Europe. Pourtant, dix
années ont suffi
à transformer la
nature des problèmes
de sécurité
qui se posent en Europe.
Les risques viennent désormais
de l'intérieur
des pays, et non plus
d'une menace externe.
La principale difficulté
au sein de l'Europe réside
dans le cas des Balkans.
A
Zagreb se tiendra au mois
de novembre une réunion
sur la stabilisation des
Balkans précisément.
La résolution de
la situation au Kosovo
est centrale pour cette
zone et pour la concrétisation
du Pacte de stabilité.
Elle passe par l'aboutissement
du processus démocratique
yougoslave, lequel reste
pour l'heure dans l'impasse.
Comme soutien dans les
Balkans, l'UE dispose
cependant de l'appui des
pays frontaliers. M. Djimarescu
a à ce titre rappelé
le rôle joué
par son pays dans la limitation
de l'extension de la crise
du Kosovo.
Afin
d'appuyer en retour ces
pays frontaliers des Balkans,
l'UE doit y favoriser
l'harmonie interethnique.
Le plan Balladur de 1993
devait permettre d'atteindre
cet objectif. Dans ce
cadre, l'expérience
roumaine avec la Hongrie
par exemple s'est avérée
concluante: la communauté
hongroise a pu être
intégrée
efficacement dans la population
roumaine, selon M.Djimarescu.
Mais ce genre de traités
doit s'accompagner d'une
pacification des mentalités
afin de pérenniser
ce bon voisinage et de
limiter les résurgences
de nationalisme. Et ces
tentatives de règlement
seront vaines si l'UE
ne tient pas compte de
la dimension économique
et sociale de la stabilité.