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Pôle A | Pôle B | Pôle C | Pôle D | Pôle E

. Pôle A :L'UE, acteur majeur de la globalisation au XXIème siècle
Par Adrian Taylor

Merci pour les contributions pleine d'entrain de l'ensemble des participant et intervenants ; les débats du pôle A ont permis de dégager 2 questions et 3 affirmations :

1. L'appartenance à l'Union européenne est-elle une question de géographie ou de principes ?
2. L'Union européenne constitue-t-elle un modèle ou une source d'inspiration pour le monde ?
3. On assiste à l'émergence de nouveaux acteurs et de nouvelles technologies qui tendent à bouleverser les méthodes habituelles de gestion des relations internationales.
4. Les citoyens européens ne comprenant pas l'Union européenne, comment les reste du monde saisirait il l'importance de l'intégration européenne.
5. Les relations entre l'Union européenne et les Etats-Unis doivent changer.

1. L'appartenance à l'Union européenne est-elle une question de géographie ou de principes ?
En d'autre termes, est-ce que n'importe quel pays, indépendamment de sa position géographique, peut faire partie de l'Union européenne à partir du moment où il adopte certains principes-clés de la démocratie ou de l'économie de marché ?
Concrètement, le pôle A s'est intéressé aux cas de la Turquie et du Maroc. Il n'y a eu aucune réponse concrète à la question, toutefois :

. il a été unanimement admis que l'Europe de demain serait et devrait être multi-culturelle, ouverte aux peuples de toute la planète
. il y a un immense besoin de réviser tout le fonctionnement de l'Union européenne, afin qu'elle soit en mesure d'accueillir de nouveaux membres.

2. L'Union européenne constitue-t-elle un modèle ou une source d'inspiration pour le monde ?
Est-ce que la globalisation signifie que tout le monde doit reproduire le modèle économique américain de libéralisation et le modèle politique européen d'intégration politique régionale ? Les participants du pôle A, n'ont pas eu l'air de le croire. Chaque nation doit trouver sa propre voie vers le développement. Quoiqu'il en soit, l'UE constitue une source d'inspiration en montrant que nous devons commencer à réfléchir au monde " post Etat-Nation ".

3. On assiste à l'émergence de nouveaux acteurs et de nouvelles technologies qui tendent à bouleverser les méthodes habituelles de gestion des relations internationales.
La société civile est devenue un acteur essentiel, qu'on le veuille ou non.
Cependant, pour qu'il y ait une véritable participation des individus, la transparence des institutions officielles ( l'UE, mais également les gouvernements nationaux et l'OMC) est essentielle.
En outre, la technologie n'est pas suffisante. Il est vital que les citoyens aient l'opportunité de rencontrer et découvrir d'autres cultures. Les échanges entre les gens (en Europe et d'une manière globale) devraient être encouragés. Les contraintes de visas vis-àvis des pays voisins - pays-candidats inclus - s'avèrent particulièrement contre-productives à cet égard.

4. Les citoyens européens ne comprenant pas l'Union européenne, comment le reste du monde pourrait-il saisir l'importance de l'intégration européenne.
Il est indispensable pour l'Europe d'être plus démocratique et compréhensible en interne avant de pouvoir envisager constituer une force positive dans le monde.

5. Les relations entre l'Union européenne et les Etats-Unis doivent changer; si elles ne changent, les conséquences seront désastreuses. Les Etats-Unis doivent à présent se rendre à l'évidence que l'UE n'est plus un petit enfant fragile ; elle est presque devenue adulte et doit désormais être prise au sérieux. Mais l'UE doit comprendre que cela signifie aussi qu'elle doit devenir plus responsable et partager le fardeau. Les Etats-Unis comme l'UE doivent réaliser qu'ensemble, leur poids risque d'effrayer le reste du monde. Il est indispensable de construire des relations avec tout le monde, et pas seulement transatlantiques.

. Pôle B: Gérer une Europe de 500 millions d'Euro-Citoyens
Par Lorraine de Bouchony

1. En janvier 2002, l'euro est définitivement là ! Nous le savons, l'Europe ne peut plus faire marche arrière, elle doit réussir. Dés maintenant, l'accent doit être mis sur la transparence, la simplification et les réformes institutionnelles pour arriver à remobiliser les citoyens et obtenir leur soutien.

2. Le citoyen européen souhaite vivre dans un espace de liberté et de sécurité que l'Europe doit pouvoir lui offrir. Des initiatives intéressantes prennent forme tels que le réseau judiciaire européen ou encore Eurojust. L'harmonisation dans ce domaine doit pas passer par la mise en place d'un système centralisateur européen mais plutôt dans le cadre de coopérations entre les systèmes existants des pays membres.

3. L'Union européenne essaye de mettre en place une démocratie moderne en gardant au cœur de son processus ses valeurs d'origine : démocratie, paix, droits fondamentaux du citoyen et tolérance. Dans le même temps, les pays candidats à l'adhésion se concentrent sur leur transition et la difficulté de l'élargissement. Les progrès des 2 côtés sont difficiles, nous nous demandons comment l'UE peut véritablement accompagner les pays candidats dans leur transition.

4. Depuis 20 ans, l'Europe s'est enrichie de réseaux qui fonctionnent dans de nombreux domaines, société civile, universités, entreprises et même groupes de fonctionnaires. Le véritable blocage pour que le mode réseau devienne un outil politique et administratif opérationnel est du principalement au manque de confiance mutuelle entre les Etats membres.

5. L'unité dans la diversité pose le problème crucial de l'utilisation des langues dans le fonctionnement européen. Nous nous posons la question de savoir pourquoi cette problématique ne semble pas être au cœur des décisions politiques. En effet, le budget alloué à la recherche dans ce domaine est encore ridicule et notre problème de communication se pose à 11 langues mais bientôt à 15 ou 20.

6. L'euro-citoyenneté s'exprimera, notamment, par le biais d'élections communes. Les projets d'élections en ligne sur internet, outil à la véritable mesure d'un espace public de 500 millions de citoyens, s'améliorent de jour en jour. Les décideurs politiques seront-ils prêts à reconnaître rapidement ce nouveau mode démocratique ?

. Pôle C: Placer l'être humain au coeur de l'Europe de demain
Par Pierre-Henri d'Argenson

Ont été présentés au cours de ce pôle d'un côté la plus vieille activité humaine : l'agriculture; et de l'autre la pointe des avancées techniques contemporaines en matière de communication : l'Internet.

Les travaux en séminaire ont montré que ces activités présentaient deux points communs :

1) L'importance prise par la technologie :

· en matière de communication : c'est précisément l'internet.
· pour l'agriculture : les machines, les produits chimiques, les transports, les OGM, etc.

2) Parallèlement àl'importance prise par la technologie, la négligence de la dimension humaine (c'est à dire la place de l'Homme) que devraient permettre ces avancées, et la nécessité de leur redonner une place centrale :

· Dans l'agriculture :

- la notion de patrimoine rural, culturel, la transmission aux générations futures
- la notion de paysage
- l'environnement
- la qualité de notre alimentation

· Pour l'Internet :

- les inégalités d'accès et les conséquences sociales de ces inégalités
- les conséquences parfois négatives sur les modes de communication et les comportements
- la question de l'uniformisation culturelle (place de l'anglais, etc) - face aux réseaux transnationaux dont l'internet est un vecteur essentiel, la renaissance d'une gestion locale des enjeux politiques, culturels et territoriaux.

La solution à ces défis peut être trouvée dans le dernier séminaire du pôle C portant sur les sociétés solidaires. Car finalement, c'est bien la société démocratique qui est en jeu : à l'heure où précisément les avancées technologiques permettent à l'Homme de maîtriser son destin, et non plus de le subir, il apparaît nécessaire de réintégrer chaque citoyen dans le processus décisionnel, et de placer l'être humain au cœur de la société européenne du 21ème siècle.

Pourquoi la société européenne a-t-elle un rôle majeur à assurer dans ce domaine ? :

- parce que l'Europe fournit un cadre de maîtrise de ces évolutions et des technologies, à l'heure de la mondialisation.
- parce que l'Europe représente l'échelle du processus décisionnel dans lequel les sociétés européennes peuvent coordonner leur action et répondre à cet objectif.

. Pôle D: Sécurité, limites et voisinage de l'Europe à l'horizon 2020
By Ralf Teschner and Mireille Van der Graaf

We discussed four major issues:

1. The future constitutional framework for a fast-track EU foreign and security policy It now appears more likely than ever before that the European Union will embark on a 2-speed integration. But, if a core of 8 or 10 countries will establish a fast-track integration of their foreign and security policy, they will need to support it with new institutions (just like the European Central Bank manages the single currency). What characteristics should this new institution have?

2. If this core of EU countries finds a way to speak with one voice and generate credibility both with its friends and its foes, what kind of relationship will it have with the United States (and NATO): Will the U.S. feel

a) threatened, because the new more assertive EU might challenge the U.S.'s role of sole superpower and world policeman,

or will it

b) support the new common foreign and defense policy because it can share in the burden, responsibilities and costs of international peace operations?

3. How can the EU communicate the new fast-track common foreign and defense policy to its citizens? How can it close the gap between its political actions and ambitions and its public perception? What will make EU citizens identify with those policies, without giving them the impression of losing their national policy and cultural identities?

. Pôle E: Préparer les ressources humaines de l'Europe à venir
Par Dan Luca

Les débats de ce pôle ont permis de souligner le double défi européen des décennies à venir en matière d'éducation et de formation :

1. former des ressources humaines capables d'utiliser au mieux la dimension européenne soit pour gérer l'UE (administration, politique), soit pour optimiser sa valeur-ajoutée (entreprises, universités, ONG)
2. éduquer des citoyens capables de comprendre la complexité du fonctionnement de l'Union et ses contraintes.

C'est donc à une double contrainte de démocratisation (2) et d'efficience (1) du projet européen que font face les systèmes éducatifs du continent.

Au-delà de l'intégration européenne proprement dite, ce sont également de nouvelles exigences éducatives, en terme de contenu et de méthodes, qui se font jour du fait de l'évolution de nos sociétés et de l'ensemble du processus de globalisation :

A. une nécessité de former des individus à comprendre et maîtriser une complexité sociale et technique toujours croissante

B. le besoin de formation de cadres moyens et supérieurs de tous les secteurs au travail dans des environnements multiculturels

C. la nécessité de former des décideurs capables d'anticiper et de faire face aux contraintes croissantes générées par les évolutions rapides et l'impact à long terme des décisions.

Parallèlement, en terme géographique, les efforts éducatifs de l'Europe doivent s'insérer dans une logique d'ouverture, permettant les échanges sans restriction avec toutes les parties du monde avec quatre volets principaux:

I. la mobilité étudiante et professorale intra-UE

II. la mise en place de programmes de préparation à l'intégration impliquant fortement les universités des pays candidats

III. la mise en place d'un système de partenariat éducatif privilégié avec les pays voisins de l'UE

IV. le développement de partenariats universitaires avec les grandes régions du monde développant des intégrations régionales

Les nouvelles technologies de l'information fourniront les outils techniques fondamentaux permettant d'intégrer la dimension européenne dans les cursus scolaires de tous niveaux; et surtout offrira un outil unique pour associer la grande masse des étudiants européens aux processus de définition des politiques européennes d'éducation (cf. projet Eu-studentvote), ce qui reste la meilleure école euro-citoyenne imaginable.

Ces approches qui impliquent une large consultation des acteurs du monde éducatif européen, notamment via l'Internet, exigent une révision très large des politiques actuelles fondées sur des modèles développés dans la deuxième moitié des années 80 et avant les crises multiples affectant les modes de gestion communautaire de la fin des années 90.

ERASMUS, SOCRATES, TEMPUS, ... ont fait leur temps et doivent céder la place à de nouvelles initiatives tournées vers l'horizon 2020 et non pas destinées à perpétuer indéfiniment modèles et méthodes anciennes.

La Commission européenne doit jouer en la matière un rôle essentiel pour redynamiser ces approches en s'appuyant d'une part sur les institutions nationales; d'autre part directement sur les opérateurs de terrain de l'éducation et de la formation.


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