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Pôle
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D | Pôle
E
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| PÔLE
B : |
500
millions d'eurocitoyens
en 2020 : construire
et gérer
une démocratie
commune à
l'échelle
du continent |
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M.
Harald
GREIB,
Chargé
de mission
auprès
du Ministère
de l'Intérieur,
France
Intervention
: 'La
sécurité
du citoyen
face aux
institutions
et le
respect
du droit
par celles-ci
- Quelles
réformes
proposer?'
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Dans
peu d'années,
le paysage européen
connaîtra
les institutions
européennes
consacrées
à la
lutte contre
la criminalité
suivantes: Europol
(qui est d'ailleurs
devenu opérationnel
récemment)
Eurojust
Académie
européenne
de police
Un réseau
de recherche,
de documentation
et de statistiques
sur la criminalité
transfrontière.
Et j'espère
pouvoir vous
convaincre qu'actuellement
personne n'a
la moindre idée
sur les compétences
qui auront ces
instances et
comment se feront
les liens institutionnels,
ni entre ces
instances, ni
entre ces instances
et les instances
nationales.
En autres mots,
personne ne
sait qui fera
quoi et j'ajoute
par souci de
contrôle
démocratique
: Qui fait quoi
contrôlé
par qui ?
I.
Qui fait quoi
?
Je me limiterai
d'abord de demander
: qui fait quoi
? Je vais passer
en revue les
différents
acteurs.
1.
Europol
Encore un cas
facile, en prime
abord au moins.
Europol, c'est
à dire
l'Office européen
de police, a
été
crée
par une convention
internationale,
signée
et ratifiée
par tous les
Etats membres.
Son siège
est à
la Haye et il
est devenu opérationnel
récemment.
Lancé
par l'ancien
chancelier allemand
Helmut Kohl
en tant que
projet pour
créer
un FBI européen,
projet farouchement
combattu par
des Etats moins
enthousiaste
pour la création
des Etats unis
de l'Europe,
Europol est
devenu une institution
censée
apporter son
soutien aux
nationales dans
ses enquêtes
transfontières.
Europol était
ainsi destiné
d'être
un instrument
pour faciliter
la bonne coopération
entre les polices
des Etats membres.
Europol était
grosso modo
réduit
à n'être
qu'un secrétariat
pour la bonne
coopération
des Etats membres
dans la lutte
contre la criminalité.
Ce choix est
d'ailleurs symbolisé
par l'octroi
d'un statut
de fonctionnaire
européen
aux agents d'Europol
qui réjouissent
des privilèges
diplomatiques
y compris l'immunité.
Si Europol était
opérationnel,
cet octroi ne
pourrait jamais
se justifier.
Un policier
doit être
soumis à
un contrôle
judiciaire.
Je m'imagine
que le citoyen
moyen préfère
que le policier
qui l'arrête
soit responsable
devant un juge.
Le traité
d'Amsterdam
confirme largement
ce choix politique
d'un rôle
limité
pour l'action
d'Europol. Toutefois,
il accepte aussi,
sur pression
des Etats membres
qui voulaient
que Europol
soit une instance
puissante, deux
exceptions.
a) Europol peut
être présent
dans des équipes
opérationnelles
conjointes Cela
signifie que,
après
la mise en œuvre
de cette disposition,
il est tout
à fait
possible que
le citoyen européen
croise un jour
le policier
européen
qui pourra l'interroger,
l'arrêter,
perquisitionner
sa maison, et
tout cela sous
la protection
de son statut
de diplomate.
J'espère
qu'au moins
il ne soit pas
armé.
b) Europol peut
demander aux
Etats membres
de mener et
de coordonner
les enquêtes.
Un drôle
d'instrument
qui peut dire
à l'utilisateur
où et
comment il veut
être utilisé.
Bien sûr,
les Etats moins
enthousiastes
pour un Europol
fort se font
apôtre
d'une interprétation
selon laquelle
les Etats sont
libres de refuser
une telle demande.
Mais l'interprétation
contraire peut
aussi se faire.
C'est à
dire, Europol
peut être
pilote des enquêtes
policières.
Europol peut
se servir de
cette disposition
pour s'émanciper
de la tutelle
des Etats membres.
A ma connaissance,
il a déjà
eu des cas où
Europol s'est
comporté
comme le chef
de fil d'une
enquête
judiciaire dans
un petit Etat
membre. Ainsi,
le traité
d'Amsterdam
a rouvert la
discussion sur
le rôle
d'Europol par
rapport aux
polices des
Etats membres.
Les Polices
nationales et
Europol se trouveront
dans une lutte
éternelle
sur leurs compétences
et prérogatives.
Entre Polices
nationales et
Europol, on
ne saurait pas
dire qui fait
quoi.
2.
Eurojust
Tout au début
du lancement
du projet Europol,
il y avait des
personnes dans
plusieurs Etats
membres, et
en tant que
citoyen, je
suis bien content
que de telles
personnes existent
toujours, qui
ont voulu mettre
sur pied, en
phase avec la
création
d'une police
européenne,
un parquet européen,
c'est à
dire un organe
de contrôle
de l'action
de la police
par des magistrats,
comme cela devrait
être de
bon usage dans
tout Etat de
droit. Hélas,
le projet avait
du plomb dans
l'aile dès
le début,
il n'a jamais
trop bien décollé.
Car il trouvait
en face de lui
une opposition
redoutable qui
comprenait à
la fois des
personnes souhaitant
un Europol fort
et les personnes
souhaitant un
Europol faible.
Pour ceux qui
veulent un Europol
fort, cette
opposition se
comprend tout
de suite. "Dans
l'intérêt
d'une action
policière
efficace, qu'on
laisse les policiers
travailler tranquillement."
Pour ceux qui
souhaitent un
Europol faible,
l'opposition
se comprend
moins facilement.
Mais le manque
de contrôle
judiciaire est
un argument
de poids contre
toute tentative
de confier plus
de compétences
à Europol.
Avec la création
d'un parquet
européen,
ils auraient
perdu cet argument
en faveur d'un
Europol faible.
Par conséquent,
le projet actuel
se limite à
la création
d'un organe
de coopération
entre les parquets
européens
sans un contrôle
sur l'activité
d'Europol, et,
comme comble,
Eurojust est
censé
soutenir les
enquêtes
judiciaires
sur la base
des travaux
d'Europol. Et
si on sait que
ce ne sont jamais
les magistrats
qui mènent
les enquêtes
judiciaires,
mais qu'ils
mandatent des
policiers de
les mener pour
eux, on se demande
si Eurojust
n'a pas vocation
de faire de
la concurrence
à Europol.
Pour le rapport
entre Europol
et Eurojust,
la question
reste entière
: Qui fait quoi
?
3.
Académie
européenne
de police et
4. Réseau
d'échange
dont
la création
est prévue
par le traité
d'Amsteram C'est
deux acteurs
sont d'une importance
moindre, mais
le fait que
leur création
soit envisagée,
dans le premier
cas même
déjà
bien démarré,
symbolise bien
le fait que
trop d'instances
se bousculent
bientôt
sur le même
champ de compétence.
Car Europol
est censé
assister les
services des
Etats membres
dans la formation
de leurs agents
et faciliter
l'échange
d'information
entre les Etats
membres et collecter,
rassembler et
analyser des
informations
et renseignements.
Quel rôle
alors pour ces
deux nouveaux
acteurs que
l'on n'aurait
pas pu confier
à Europol
? De nouveau,
je pose ma question:
Dans le domaine
de formation
et d'échange
d'information,
qui fera quoi
? II. Qui contrôlera
Europol Une
police est une
administration
qui doit être
contrôlée.
Toute administration
doit être
contrôlée,
et la police
en particulier,
parce qu'elle
peut porter
atteinte le
plus directement
aux libertés
publiques. Les
incidents où
une action policière
a dégénéré
sont nombreux.
Dans un tel
cas, il faut
avoir un système
en place qui
contrôle
et qui sanctionne.
Si Europol reste
un instrument
dans le service
des polices
des Etats membres,
ce manque de
contrôle
ne gêne
pas. Les polices
des Etats membres
seront responsables.
Le citoyen peut
s'adresser aux
instances judiciaires
nationales pour
faire contrôler
les actions
des polices
nationales et,
par ce biais,
celles d'Europol.
Mais comment
s'exercera le
contrôle
si Europol réussit
à élargir
ses compétences
opérationnelles
? Rien n'est
moins sûr
que le fait
que les compétences
d'Eurojust s'élargissent
en phase avec
le renforcement
des pouvoirs
d'Europol. Car
la conviction
de la nécessité
d'un tel contrôle
n'existe pas
au sein des
instances européennes.
La création
du système
policier n'est
pas le résultat
de la mise en
œuvre d'une
politique cohérente
préfixé,
mais le résultat
des marchandages
politiques,
dans lesquels
s'affrontent
les partisans
d'une Europe
forte qui veulent
créer
des instances
européennes
fortes et les
partisans d'une
Europe faible
qui veulent
que les instances
européennes
restent sous
le contrôle
des Etats membres.
Ceci fait que
le système
se développe
par petites
étapes,
mais les étapes
ne suivent pas
une direction
prédéterminée,
la finalité
n'étant
pas convenue
entre les partenaires
européennes.
Celui l'emportera
qui sait le
mieux exploiter
des crises qui
secouent le
système
européen
et qui permettent
des avancées.
Une autre affaire
Dutroux aiderait
les partisans
d'un Europol
fort, un éventuel
scandale au
sein d'Europol
aiderait les
partisans d'un
Eurojust fort
C'est méthode
d'avancées
par petites
étapes
négociées
ne peut pas
fonctionner
dans ce cas
d'espèce.
Car elle risque
d'aboutir à
la création
:
- au meilleur
des cas, d'un
système
tout azimut
dans lequel
les éléments
s'usent dans
des querelles
internes ou
- au pire des
cas, d'un système
policier fort
et efficace,
mais hors des
structures étatiques
qui permettraient
le contrôle
nécessaire.
Les citoyens
européens
auraient tout
intérêt
d'exiger de
leurs hommes
politiques que
ceux-ci définissent
la finalité
de la politique
menée,
c'est à
dire qu'ils
établissent
une politique
cohérente.
Les choix politiques
entre différents
concepts cohérents
existent. D'une
part, on pourrait
envisager de
créer
un système
européen
de police faible
qui ne sert
qu'en tant qu'instrument
d'une meilleure
coopération
entre les polices
des Etats membres.
Dans ce cas
de figure, ce
seront les instances
nationales qui
resteront maître
des enquêtes
judiciaires;
ils ne font
que se coordonner
avec l'aide
des instances
européennes.
Un contrôle
judiciaire pourrait
s'exercer à
l'encontre ds
instances nationales,
qui seraient
les seuls responsables.
Mais dans ce
cas, il faut
arrêter
de vouloir confier
des compétences
opérationnelles
à Europol.
D'autre part,
on pourrait
imaginer de
faire d'Europol
une police forte,
alors un outil
opérationnel,
avec ses propres
compétences
et ses propres
champs d'action.
Dans ce cas
de figure, le
contrôle
judiciaire serait
indispensable.
Ce contrôle
pourrait s'exercer
de deux manières
différentes.
- Le droit européen
fixerait les
règles
qui détermineraient
le droit pénal
national que
Europol serait
censé
appliquer pour
une enquête
précise.
En tant que
critères
pour ce choix
du droit national
applicable,
on pourrait
choisir le lieu
du crime, la
résidence
de l'accusé
ou un mélange
des critères
avec des règles
de collision.
Le contrôle
judiciaire incomberait
aux instances
de l'Etat membre
dont le droit
pénal
s'applique.
- Le droit européen
créerait
son propre droit
pénal
dont le respect
serait contrôlé
par des propres
instances juridiques,
notamment Eurojust,
ou par des tribunaux
des Etats membres
qui appliqueraient
le droit pénal
européen.
Ces choix politiques
existent. Mais
le choix doit
être fait.
Sinon, nous
risquons que
le système
européen
de lutte contre
la criminalité
se crée
d'une manière
désorganisée
qui le rend
inefficace et
qui omet de
prévoir
un contrôle
suffisant.
II.
Absence d'une
information
du public
Il y a un autre
point qui m'intrigue.
Au stade actuel,
ce grand projet
se réalise
sans contact
avec le public.
Je vous défie
de trouver quelque
part, dans n'importe
quel journal,
un article sur
cette problématique.
Moi, de toute
façon,
je n'en ai jamais
vu. Et les documents
du Conseil qui
préparent
une décision
sont tous confidentiels.
Cela est la
raison pour
laquelle j'ai
dit dans le
libellé
de mon intervention
que ce projet
se poursuivait
à l'écart
du citoyen.
Certes, vous
pouvez me dire
que cela est
une caractéristique
de la politique
européenne,
domaine trop
complexe pour
être suivi
de près
par le citoyen.
Mais cela n'est
pas une consolation.
Ce qui peut
encore être
acceptable dans
d'autres domaines
ne devrait plus
être acceptable
dans un domaine
qui est crucial
pour les libertés
publiques. Les
hommes politiques
auraient, à
mon avis, un
intérêt
à consulter
le public avant
de faire leur
choix. Car la
création
d'une police
européenne
concerne tous
les citoyens.
La police est
l'une des émanations
les plus fortes
d'un Etat. Dans
le cadre d'une
discussion sur
la création
d'une police,
on pourrait
utilement poser
la question
sur la finalité
de l'intégration
européenne.
Conclusions:
Les Etats membres
se sont engagés
dans un processus
de création
d'un système
européen
de lutte contre
la criminalité
sans un vrai
concept. Les
instances prolifèrent
sans que leurs
champs de compétences
soient bien
définis.
Plus grave encore,
la question
d'un contrôle
d'une police
européenne
opérationnelle
reste entière.
Dans ce contexte,
les institutions
européennes
imitent la méthode
Monnet qui a
fait preuve
de son utilité
pour l'établissement
du marché
unique : on
essaie d'avancer
par petits pas
sans connaître
la direction
exacte. Dans
cette matière
si sensible
pour les libertés
publiques pourtant,
cette méthode
risque de créer
un système
policier qui
devrait être
inadmissible
dans un Etat
de droit. Les
instances européennes
auraient tout
intérêt
à se
doter d'un concept
cohérent.
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